À quand la fin des friperies ?

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Photographiée par Alice Rosati pour Lampon Magazine
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Photographiée par Alice Rosati pour Lampon Magazine

Aujourd’hui, je suis heureuse à la vue de ce beau soleil printanier. Je n’ai de cesse de fredonner le refrain de cette chanson « Automatic ». Elle provient d’un groupe coréen   « Red Velvet ». Je vous fais une traduction un peu bricolée du refrain, la voici :

« J’adore la façon dont tu emballes mon cœur, tout en me protégeant.

Je ne le savais pas auparavant, cela vient automatiquement .

 Mes sens évoluent à chacun de tes  mouvements.

 Cela vient simplement et naturellement.

Oui cela vient simplement et automatiquement. »

Ses paroles sont une ode à  mon profond amour pour les vêtements.

En même temps, il souligne ma fuite automatique face aux friperies ! 

Le vêtement seconde-main aussitôt dans mes mains, je le repose  tout naturellement à sa place et  je cherche rapidement la sortie de secours !

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Photographiée par Alice Rosati pour Lampoon Magazine

À mon avis, le mot « friperie » a complètement perdu son sens premier : d’être fonctionnel et abordable pour les petites bourses.

Prenons exemple sur l’ association montreuilloise Neptune:

Véritable « Bric à Brac Solidaire », caserne d’Ali Baba, lieu où j’ ai pu chiner  et acheter  au sein de leur friperie de beaux vêtements à petits prix tout en aidant leur action à lutter contre l’exclusion.

Neptune a pour objectif de donner un nouveau départ à des personnes en difficulté par le biais d’un travail rémunéré au travers de l’association.

 Je me souviens que l’espace est composé un immense hangar où seul un grand mur séparé, la boutique et l’arrière-boutique.

Durant ma fouille, j’ entendais régulièrement les oiseaux chanter dans leur volière ou le bruit des assiettes débarrassées de leur cantine commune .

C’est dans ce lieu, où j’ ai pu  affirmer mon propre style vestimentaire.

J’ ai le souvenir de m’ être achetée un superbe pull marinière  en coton  jamais porté avec de jolis boutons dorés sur l’épaulette droite pour 4€. 

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Photographiée par Alice Rosati pour Lampoon Magazine

Étudiante  en art à Paris, souvent Le samedi, je passais dans les rayons du Guerrisol de Barbes Rochechouart afin de trouver de  quoi me vêtir à prix réduit.

À cette époque, je m’habillais à moitié chez American Apparel ( il y a dix ans, ils utilisaient du vrai coton et les prix étaient nettement abordables) et de l’autre moitié chez « H&M » et en friperies.

 Je me rappelle d’une belle combinaison verte de pompiste de station-service qui me servait de tenus  durant mes expérimentations avec du plâtre.

Tachée ou non,  je sortais me promener avec ma superbe combinaison dans les rues parisiennes à la recherche de quoi boire et à goûter !

Je l’ avais trouvé pour  10€, chez Guerrisol et elle avait complètement sauvé le reste de ma garde-robe. Grâce aux friperies, je pouvais prétendre avoir du style sans forcement me ruiner financièrement.

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Photographiée par Alice Rosati pour Lampoon Magazine

Suite à un séjour au Japon, j’ai eu une autre vision du  seconde main.

J’ ai encore dans mon placard un short déchiré acheté pour 7000 ¥ (environ 5€) dans une friperie à Harajuku (quartier jeune et branché de Tokyo).

À l’essayage, certains points de couture s’étaient détachés. Je n’ avais pas du tout des cuisses de japonaises !  Hé hé!

Je me souviendrai toujours du  sourire chaleureux de la vendeuse partie  dans l’arrière boutique afin de me le recoudre.

 Elle revint par la suite et s’excusa de nouveau du désagrément. Elle se sentit gênée d’ avoir dû utiliser un fil noir sur jean cousu avec du fil bleu. Au bout d’ huit ans, le fil noir  ne s’est jamais détaché.

Lors du  néo-festival hippie » Harukaze » dans le parc de Yoyogi à Tokyo, j’ ai même pu acquérir de superbes pulls en laine à petits prix à 5000 ¥ l’un  ( à l’époque 4 €).

Après de nombreux lavages et des hivers passés, ils n’ont pas bougé d’un poil!

 Il est vrai, que dans la culture nippone,  seule la qualité du produit et du service est leur top priorité !

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Photographiée par Alice Rosati pour Lampoon Magazine

Nous sommes en 2009, je suis de retour en France.

La crise financière commence à prendre ses marques. Et les prix  flambent !

Une toute nouvelle clientèle  plus aisée s’égare dans les rayons de Guerrisol.

La maison change ses prix avec une hausse drastique.

Sa fidèle clientèle diminue peu à peu.

Un fossé, se met en place et l’aspect fonctionnel de la friperie devient un espace de coquetterie. Pour ma part, je pus encore trouver en ce lieu un magnifique manteau  marron sur dimensionné en cuir épais pour 10 €.

Il est vrai,  que j’ ai une  forte réticence face à une clientèle parisienne qui s’habille par fantaisie. Je reste perplexe face à cette folle envie de faire les fripes parce que c’est « COOL »!

Je vomis cette » cool » attitude prémâchée et industrialisée.

 Le style ne rentre  dans aucune case préétablie ! 

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Photographiée par Alice Rosati pour Lampoon Magazine

Nos  vêtements sont des marqueurs de moment de nos vies. C’est pour cela qu’il m’est difficile de vendre mes affaires. 

 J’ offre tout à Emmaus. Je  leur donne une seconde vie tout aidant une personne dans le besoin  de pouvoir se vêtir dignement et correctement.

C’est le cœur des friperies! C’est d’ avoir la possibilité de s’habiller plus librement et à petits prix! 

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Photographiée par Alice Rosati pour Lampoon Magazine

Le véritable luxe est  connaître la valeur exacte des choses que nous portons.

L’hiver dernier, j’ ai pu m’offrir  ma première pièce vintageun joli manteau  jaune venant d’une d’ ancienne maison française de prêt-à-porter.

Avec ce manteau, j’ ai  même pu croisé pour la première fois Karl Lagarfeld!

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Photographiée par Alice Rosati pour Lampoon Magazine
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Photographiée par Alice Rosati pour Lampoon Magazine

Alors pour conclure, à quand la fin des friperies ?

Source photos: Alice Rosati

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6 réflexions sur “À quand la fin des friperies ?

  1. Ton article vraiment est très intéressant, quand j’ai lu le titre j’étais un peu dubitative ( pourquoi veut-elle absolument la fin des friperies ? Haha ) mais une fois le contenu lu, je suis comprend tout à fait ce que tu veux dire, les friperies perdent peu à peu leur essence même

    Aimé par 1 personne

    1. Coucou claire, je te remercie d’avoir pris le temps de lire mon article de me laisser un chaleureux commentaire! C’est le tout premier! Je te souhaite bonne chance pour tes examens et ton déménagement! Ton site n’a que un mois et il a déjà énormément de succès! Chapeau! J’ ai beaucoup aimé les looks sélectionnés pour le festival de Coachella ! Bisous et à très bientôt!

      Tsuki

      Aimé par 1 personne

      1. Merci beaucouuuup pour tous ces compliments, ça me touche vraiment 🙂 Et félicitations à ce premier commentaire! Bisous
        Claire

        Aimé par 1 personne

  2. Salut, je ne sais pas si le fait de marquer un blog dans une publication envoie une notification ou non donc je te préviens ici. Je t’ai nominé pour les Liebster Awards, j’espère que les questions t’inspireront. Bises, Claire.

    Aimé par 1 personne

  3. A quand la fin des friperies… de luxe ! Entièrement d’accord avec toi, c’est devenu une mode et les prix flambent. Si je vais dans une friperie c’est pour trouver des vêtements uniques mais surtout abordables ! J’ai été très déçue en chinant à Paris… Moi mon grand truc c’est les vides dressing. Surtout quand la vendeuses est sympa : arprès j’ai un bon souvenir quand je mets son vêtement !

    Léa-Marie de http://www.mysweetcactus.com

    Aimé par 1 personne

    1. Je suis absolument d’accord avec toi! J’ ai aussi une préférence pour les vides dressing, au moins il y a véritablement un rapport d’humain à humain et cela donne une nouvelle vie au vêtements! Je te remercie pour ton commentaire gentil et éclairé! Très bonne soirée!

      J'aime

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